EtatsUnis du rĂȘve au cauchemar? 88 likes · 1 talking about this. USA Ă©volution
Mexicain Esteban Yanez est l'un des quelque 11 millions de sans-papiers qui vivent aux Etats-Unis, et se retrouvent au coeur d'un débat présidentiel houleux.
Pources « Dreamers », le rĂȘve amĂ©ricain tourne au cauchemar. Mexicain ĂągĂ© de 23 ans entrĂ© illĂ©galement aux Ătats-Unis avec sa mĂšre
Ilavait en fait besoin d'argent aprĂšs avoir perdu sa maison, comme des millions de familles victimes de la crise aux Etats-Unis. Une maison Ă vendre Ă
Lorsde cette soirĂ©e aux couleurs de la Palestine, un food truck vous fera dĂ©couvrir toutes les saveurs de la cuisine palestinienne. Ramzi Aburedwan et son ensemble DalâOuna, se rĂ©fĂšrent Ă la musique festive et populaire palestinienne, et chantent le quotidien de ce pays habitĂ© par les espoirs dâun peuple qui reste accueillant, qui aime vivre, rire et chanter. Leur rĂ©pertoire s
DurĂ©e: 01h22min De : RĂ©mi ChayĂ© Avec : SalomĂ© Boulven, Alexandra Lamy, Alexis Tomassian Animation, dĂšs 6 ans Synopsis : 1863, Ătats-Unis dâAmĂ©rique. Dans un convoi qui progresse vers lâOuest avec lâespoir dâune vie meilleure, le pĂšre de Martha Jane se blesse. Câest elle qui doit conduire le chariot familial et soigner les chevaux. Lâapprentissage est rude et pourtant
18avr. 2020 - DĂ©couvrez le tableau "Vivre aux usa : rĂȘve ou cauchemar ?" de jenniferjosh12 . sur Pinterest. Voir plus d'idĂ©es sur le thĂšme fond d'Ă©cran colorĂ©, fond
uhPwHoY. La quĂȘte du bonheur » constitue le cĆur du rĂȘve amĂ©ricain. Elle apparaĂźt dĂšs les premiers pas des treize colonies et se trouve au centre de la dĂ©claration dâIndĂ©pendance des Ătats-Unis. Elle a pourtant connu bien des vicissitudes au cours des XVIIIe et XIXe siĂšcles, de la conquĂȘte de lâOuest Ă la prospĂ©ritĂ© et des crises Ă©conomiques Ă la crainte que lâimmigration menace la promesse » amĂ©ricaine. RĂ©cit dâun rĂȘve, de ses transformations et de ses limites. Sous la plume de Thomas Jefferson, la DĂ©claration dâindĂ©pendance des Ătats-Unis 4 juillet 1776 proclame solennellement que lâhomme a reçu de son CrĂ©ateur certains droits inaliĂ©nables » notamment la vie, la libertĂ© et la quĂȘte du bonheur ». Le droit Ă la recherche du bonheur Comme le note lâhistorien Bernard Cottret dans son histoire de la rĂ©volution amĂ©ricaine, Quây a-t-il de plus rĂ©volutionnaire que de proclamer le droit au bonheur ? Ou de voir en lui lâobjectif le plus Ă©levĂ© de la vie sociale ? » Cette quĂȘte du bonheur nâest pas un simple droit Ă lâhĂ©donisme, individualiste, mais une notion collective, la fin mĂȘme de tout gouvernement. Or, cette quĂȘte du bonheur comme fin du gouvernement civil nâest pas une idĂ©e rĂ©volutionnaire en 1776. Lâaspect rĂ©volutionnaire est lâapplication de ces principes Ă une situation concrĂšte, et non Ă©noncĂ©s de façon abstraite. Les mots de Jefferson sont Ă©galement rĂ©volutionnaires par leur universalisme qui dĂ©passe de loin la cause spĂ©cifique des colonies britanniques en rĂ©volte contre leur mĂ©tropole, mais sans pour autant ĂȘtre nouveaux. Le fait que ces valeurs soient proclamĂ©es sans explication ou rĂ©fĂ©rence montre en effet quâelles font partie du paysage mental des hommes Ă©duquĂ©s de lâĂ©poque. Le triptyque des droits inaliĂ©nables de Jefferson fait Ă©cho Ă celui de lâAnglais John Locke â vie, libertĂ© et propriĂ©tĂ© â qui justifiait la Glorieuse rĂ©volution anglaise de 1688-1689 dans ses deux TraitĂ©s du gouvernement civil 1690. Le droit Ă la propriĂ©tĂ© est un sujet central du texte de Locke, mais il nâapparaĂźt pas en tant que tel chez Jefferson. Il est implicitement inclus dans un droit Ă la quĂȘte du bonheur qui englobe dâautres droits plus prĂ©cis comme le droit Ă la sĂ©curitĂ©. Lâexpression de quĂȘte du bonheur » pursuit of happiness apparaĂźt Ă plusieurs reprises dans lâEssai sur lâentendement humain de Locke, paru Ă©galement en 1690, et elle traverse ensuite la philosophie des LumiĂšres Ă©cossaises du milieu du XVIIIe siĂšcle, qui sont lues et enseignĂ©es dans les colonies amĂ©ricaines du troisiĂšme quart du siĂšcle, pĂ©riode de formation intellectuelle des futurs PĂšres fondateurs ». En 1776, lâidĂ©e dâun droit Ă la quĂȘte du bonheur est tellement dans lâair du temps quâon le trouve dans dâautres documents contemporains mais moins connus. Ainsi, dans la DĂ©claration des droits de la Constitution de Virginie, signĂ©e par George Mason en juin 1776, les droits inaliĂ©nables sont la jouissance de la vie et de la libertĂ©, lâaccession Ă la propriĂ©tĂ©, la quĂȘte du bonheur et de la sĂ©curitĂ©. Quelques mois plus tard, la DĂ©claration des droits des habitants de la RĂ©publique ou Ătat de Pennsylvanie proclame Tous les hommes sont nĂ©s Ă©galement libres et indĂ©pendants, et ils ont des droits certains, naturels, essentiels et inaliĂ©nables, parmi lesquels le droit de jouir de la vie et de la libertĂ©, et de les dĂ©fendre, celui dâacquĂ©rir une propriĂ©tĂ©, de la possĂ©der et de la protĂ©ger, enfin, celui de chercher et dâobtenir le bonheur et la sĂ©curitĂ©. » A lire aussi Face Ă la Chine, TaĂŻwan aura du mal Ă conserver son indĂ©pendance RĂȘve virginien, rĂȘve novanglais deux quĂȘtes du bonheur Le rĂȘve amĂ©ricain comme quĂȘte du bonheur est souvent associĂ© Ă des notions matĂ©rielles prospĂ©ritĂ©, voire fortune, ou simplement accĂšs Ă la consommation de la classe moyenne. En rĂ©alitĂ©, câest la synthĂšse de valeurs matĂ©rielles et immatĂ©rielles, ou plutĂŽt une valeur immatĂ©rielle lâaccomplissement de soi qui peut inclure une dimension matĂ©rielle sans sây limiter. Travailler Ă son compte, ĂȘtre son propre patron, faire de sa passion son mĂ©tier une certaine libertĂ©, un accomplissement de soi qui dĂ©passe la quĂȘte du profit Ă tout prix. Bien entendu, ces deux acceptions, matĂ©rielle et immatĂ©rielle, ne sont pas mutuellement exclusives mais il faut considĂ©rer que lâune prend le pas sur lâautre. Jâai construit ma cabane. Lentement, Ă lâĂ©cart, en restant fidĂšle Ă mes principes. Jâavance Ă mon rythme. Personne ne me gouverne. » Clint Eastwood Le peuplement trĂšs diffĂ©rent de la Virginie dâune part et de la Nouvelle-Angleterre de lâautre permet dâobserver comment ils sont chacun la manifestation dâun des aspects du rĂȘve amĂ©ricain, matĂ©riel dâun cĂŽtĂ©, immatĂ©riel de lâautre. En Virginie, oĂč sâinstallent aussi quelques communautĂ©s de puritains, le modĂšle dominant reste celui dâune immigration de jeunes hommes cĂ©libataires qui viennent pour travailler. Beaucoup sont des engagĂ©s, sous contrat de plusieurs annĂ©es. Ă lâissue de leur engagement sâils ont survĂ©cu Ă lâenvironnement Ă©pidĂ©miologique et sanitaire, ce qui nâest pas une mince affaire, ils peuvent sâinstaller sur place ou rentrer en Angleterre, mais leur motivation nâest pas religieuse ou politique. Câest en cela que le modĂšle virginien diffĂšre radicalement du modĂšle novanglais de Nouvelle-Angleterre. Les colons y sont majoritairement des familles qui emportent aussi des serviteurs sous contrat, qui accompagnent souvent un pasteur. Ainsi, des villages entiers sont transplantĂ©s dâune rive Ă lâautre de lâAtlantique. Leur motivation nâest pas matĂ©rielle ils ne traversent pas lâAtlantique âune entreprise dangereuse et trĂšs incertaine â pour faire fortune. Dans certains cas, ce sont des artisans Ă©tablis qui quittent des situations stables pour sauter dans lâinconnu et un monde oĂč tout est Ă construire. Le versant novanglais de ce que lâon nâappelle pas encore le rĂȘve amĂ©ricain, câest de trouver un refuge oĂč lâon pourra vivre sa foi comme on lâentend, ne pas avoir Ă craindre des persĂ©cutions politiques et/ou religieuses, quitte ensuite Ă imposer sa propre vision quand on passe du statut de minoritĂ© Ă celui de majoritĂ© au pouvoir. Cette ambiguĂŻtĂ© en apparence vient du fait que les puritains du Massachusetts ne concevaient la survie de leur expĂ©rience amĂ©ricaine par et pour la foi que sous la forme dâune sociĂ©tĂ© homogĂšne. Ce que nous appellerions le pluralisme nâĂ©tait pour eux que le levain qui allait corrompre la pĂąte lâAmĂ©rique Ă©tait aprĂšs tout suffisamment vaste pour que les dissidents aillent sâimplanter un peu plus loin. Fuir les persĂ©cutions rĂ©elles ou simplement perçues comme telles ne rendait donc pas automatiquement tolĂ©rant. Le rĂȘve novanglais peut ĂȘtre Ă©tendu Ă dâautres colonies ayant accueilli des rĂ©fugiĂ©s pour la foi, comme la Pennsylvanie avec les quakers, ou la Caroline du Sud avec ses huguenots français fuyant les dragonnades de Louis XIV, mais le modĂšle commence avec les PĂšres pĂšlerins en 1620, qui sâĂ©taient dĂ©jĂ rĂ©fugiĂ©s aux Pays-Bas aprĂšs avoir fui lâAngleterre en 1608. Le bonheur par la consommation Si les premiĂšres dĂ©cennies des colonies sont le plus souvent marquĂ©es par une certaine prĂ©caritĂ© et une quĂȘte du bonheur qui ne peut ĂȘtre quâimmatĂ©rielle limitĂ©e Ă la survie, la stabilisation de la vie coloniale est ensuite spectaculaire et le XVIIIe siĂšcle voit une nette amĂ©lioration des conditions de vie, de lâespĂ©rance de vie, une hausse du pouvoir dâachat dans un contexte de diversification de lâoffre dans ce qui sâapparente Ă une rĂ©volution de la consommation. Les colons sont en effet en mesure dâacheter davantage et dâeffectuer des achats plus discriminants on nâest plus dans la premiĂšre nĂ©cessitĂ©, le choix sâest Ă©tendu notamment Ă diffĂ©rents niveaux de qualitĂ©. On prĂ©cise mĂȘme lâorigine des produits importĂ©s pour mettre en avant leur qualitĂ© supĂ©rieure. Quand cette libre consommation se trouve grevĂ©e de droits de douane, dans les annĂ©es 1760, et que la grande autonomie vis-Ă -vis de la mĂ©tropole semble remise en cause, la colĂšre gronde et câest le point de dĂ©part de ce qui deviendra, de crise en crise et de malentendu en malentendu, la RĂ©volution amĂ©ricaine. Paradoxalement, la tension entre la mĂ©tropole et les colonies se situe Ă un moment oĂč le goĂ»t des colons sâanglicise fortement on consomme dans un esprit dâĂ©mulation de la British Way of Life, on veut faire comme en mĂ©tropole, boire du thĂ© dans de la porcelaine Wedgwood, par exemple. Par ailleurs, la libertĂ© que revendiquent les PĂšres fondateurs, câest dâabord la libertĂ© des citoyens britanniques ! La quĂȘte du bonheur est Ă©videmment liĂ©e Ă la peur de perdre des libertĂ©s politiques plus britanniques que strictement amĂ©ricaines. Mais la quĂȘte du bonheur est Ă©galement liĂ©e au contexte matĂ©riel, que lâon peut rapprocher de la propriĂ©tĂ© de Locke le colon veut pouvoir consommer comme il lâentend. A lire aussi Le rugby peut-il Ă©chapper Ă la trajectoire du sport mondialisĂ©? La rupture spatiale lâexceptionnalisme et lâAmĂ©rique comme laboratoire La rupture politique se fait sur fond de continuitĂ© philosophique si nous ne pouvons pas jouir de nos droits de citoyens britanniques, pouvons-nous encore nous considĂ©rer comme britanniques ? Pour justifier la rupture politique, inĂ©dite Ă lâĂ©poque, Thomas Paine convoque la rupture spatiale. Lâauteur du fameux Sens commun, best-seller » de lâannĂ©e 1776, y estime que la distance mĂȘme que le Tout-puissant a mise entre lâAngleterre et lâAmĂ©rique est une preuve convaincante et naturelle que lâautoritĂ© de lâune sur lâautre nâa jamais fait partie des desseins de la Providence ». Quelques dĂ©cennies avant Paine, le pasteur Jonathan Edwards avait cru dĂ©celer un signe providentiel dans la dĂ©couverte de lâAmĂ©rique par les EuropĂ©ens au moment mĂȘme de la RĂ©forme. Pour lui, cela ne pouvait relever du hasard. Il voyait lâAmĂ©rique comme un lieu particuliĂšrement important dans lâhistoire du monde puisque câest lĂ que devait se rĂ©aliser le Millennium, le paradis sur terre. DĂšs la pĂ©riode des dĂ©couvertes, au XVIe siĂšcle, la littĂ©rature promotionnelle vendait » lâAmĂ©rique comme un Ăden et comme le paradis perdu. John Winthrop, le gouverneur emblĂ©matique du Massachusetts qui a menĂ© la grande migration » anglaise vers Boston en 1630 voyait la Nouvelle-Angleterre comme un refuge » pour quelques Ă©lus, pendant que Dieu infligerait un chĂątiment apocalyptique Ă une Angleterre incapable de se rĂ©former. LâAmĂ©rique coloniale puis les Ătats-Unis sont donc vus depuis toujours comme un lieu Ă part, oĂč lâon peut Ă la fois renouer avec la puretĂ© originelle lâĂden et sâaffranchir des pesanteurs et des chaĂźnes de lâAncien Monde pour accĂ©der Ă un niveau inĂ©dit de dignitĂ© humaine le Millennium, notamment par le travail et non par la naissance. Câest ce que lâon appelle gĂ©nĂ©ralement lâĂ©thique protestante, mais que lâon peut qualifier plus prĂ©cisĂ©ment dâĂ©thique franklinienne tant elle doit aux formulations de Benjamin Franklin. Câest donc cette rupture qui confĂšre Ă lâAmĂ©rique son caractĂšre exceptionnel et qui y rend possible la rĂ©ussite. Dans son Avis Ă ceux qui voudraient sâen aller en AmĂ©rique, publiĂ© alors quâil Ă©tait en mission Ă Paris 1784, Franklin explique notamment que la corruption et la vĂ©nalitĂ© des offices omniprĂ©sentes dans lâEurope de lâĂ©poque nâexistaient pas dans le nouveau systĂšme amĂ©ricain Il nây a quâun petit nombre dâoffices civils ou dâemplois ; il nây en a point de superflus, comme en Europe ; la rĂšgle Ă©tablie dans quelques Ătats est quâaucun office ne doit ĂȘtre assez lucratif pour ĂȘtre dĂ©sirable. » La sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine compte bien moins de pauvres et de riches que lâEurope ; il y rĂšgne plutĂŽt une heureuse et gĂ©nĂ©rale mĂ©diocritĂ© », ce que lâon nâappelle pas encore la classe moyenne. Et le mĂ©rite prend le pas sur la naissance On ne demande point Ă lâĂ©gard dâun Ă©tranger, qui est-il ? mais, que sait-il faire ? » Franklin vend Ă ses lecteurs français un rĂȘve amĂ©ricain fondĂ© sur le travail, dans un systĂšme social, politique et Ă©conomique qui nâest pas faussĂ© comme câest le cas alors en Europe. Non seulement il est possible dây rĂ©ussir pour qui sâen donne la peine mais, pour Franklin, il sâagit mĂȘme dâune certitude ». Pour le Normand Hector St-John de CrĂšvecĆur, qui Ă©crit au mĂȘme moment, lâAmĂ©rique est un continent neuf ; une sociĂ©tĂ© moderne », les AmĂ©ricains, issus de toute lâEurope, sont tous animĂ©s dâun esprit dâentreprise sans limites, sans entraves, parce que chacun travaille pour soi ». LĂ oĂč Franklin voyait une heureuse et gĂ©nĂ©rale mĂ©diocritĂ© », CrĂšvecĆur parle dâune agrĂ©able uniformitĂ© ». Pour lui, la sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine est la plus parfaite qui existe au monde » oĂč le chemin de la fortune » est ouvert Ă tous, moyennant travail et effort. Comme Franklin, CrĂšvecĆur oppose lâEurope, au passĂ© funeste, Ă une AmĂ©rique tournĂ©e uniquement vers lâavenir. Pourtant, lâAmĂ©rique est selon lui le lieu oĂč lâHomme a retrouvĂ© lâancienne dignitĂ© du genre humain ». Câest donc un lieu de recommencement, mais Ă©galement de rĂ©gĂ©nĂ©ration, de restauration. Lâimmigration rĂȘve des uns, cauchemar des autres Les Ătats-Unis sont une terre de paradoxe, avec une population issue de lâimmigration Ă un moment ou Ă un autre, mais qui peut montrer une forte hostilitĂ© contre lâimmigration rĂ©cente ou Ă venir. Au XVIIe siĂšcle, dĂ©jĂ , les puritains estimaient que la cohĂ©sion sociale dĂ©pendait de lâhomogĂ©nĂ©itĂ© religieuse. En dâautres termes, la quĂȘte du bonheur social, collectif, passait par le maintien dâune communautĂ© homogĂšne, dont les Ă©lĂ©ments dissidents nâĂ©taient pas les bienvenus. Le mĂ©canisme qui sous-tend lâanticatholicisme est similaire le catholicisme â ou papisme » â est aux yeux de lâopinion protestante, majoritaire alors, le versant religieux de lâautoritarisme et de lâabsolutisme, Ă lâinverse dâun protestantisme synonyme de libertĂ© et de dĂ©mocratie. Ă cela se greffe notamment lâhostilitĂ© dâordre plus ethnique aux Irlandais. Ainsi, au milieu du XIXe siĂšcle, les petites annonces pour des emplois de gouvernante, par exemple, stipulent explicitement No Irish need apply » Irlandais sâabstenir. Les Irlandais sont pauvres, catholiques et probablement dĂ©pourvus de sens moral. Sur la cĂŽte ouest, les Chinois ont certes constituĂ© une main-dâĆuvre bon marchĂ© corvĂ©able Ă merci, mais quand on considĂšre quâils sont trop nombreux, on Ă©dicte les premiers quotas ethniques contre leur immigration 1882. Enfin, les mormons, pourtant un des rares groupes religieux nĂ©s aux Ătats-Unis et non importĂ©s dâEurope, sont considĂ©rĂ©s comme une Ăglise Ă©trangĂšre ». La raison tient Ă leur dogme ils ajoutent un livre Ă la Bible, ce qui est anathĂšme pour de nombreux protestants et Ă leurs pratiques sociales la polygamie jusquâen 1890. Ils sont donc persĂ©cutĂ©s et fuient toujours plus Ă lâouest. Ils trouvent refuge Ă Salt Lake City, aux confins septentrionaux du Mexique, avant dâĂȘtre rattrapĂ©s par lâirrĂ©pressible expansion des Ătats-Unis vers lâouest, Ă grands renforts dâidĂ©ologie de la destinĂ©e manifeste. » Entre 1845 et 1848, la frontiĂšre occidentale des Ătats-Unis est repoussĂ©e jusquâau Pacifique, et le Texas, la Californie, et tout lâOuest passent sous le contrĂŽle des Ătats-Unis. Cette expansion nâa pas lieu que sur la carte elle est souvent prĂ©cĂ©dĂ©e et toujours suivie par les pionniers, parmi lesquels on trouve le Suisse ThĂ©odore Bost, qui a laissĂ© une riche correspondance transatlantique. Ses lettres, qui couvrent plus dâun demi-siĂšcle, montrent bien Ă la fois les espoirs et les frustrations, une quĂȘte du bonheur qui lui fait dâabord traverser lâAtlantique et qui le pousse toujours un peu plus Ă lâouest, malgrĂ© les Ă©preuves et la rudesse extrĂȘme de ses conditions de vie. MalgrĂ© tout cela, il ne perd jamais espoir. La quĂȘte reste sans cesse inachevĂ©e. Le rĂȘve amĂ©ricain est au moins autant la destination que lâon nâatteint pas forcĂ©ment que le voyage qui est censĂ© y mener. Bost sâĂ©teint quand le Ku Klux Klan renaĂźt de ses cendres et dĂ©passe largement le Vieux Sud confĂ©dĂ©rĂ© de sa premiĂšre existence Ă©phĂ©mĂšre 1866-1871. Outre les Noirs Ă©mancipĂ©s, ses nouveaux boucs Ă©missaires sont les catholiques, les juifs et les bolchĂ©viques, qui ont en commun de ne pouvoir ĂȘtre de vrais AmĂ©ricains car leur loyautĂ© va dâabord Ă une autre source le Vatican, Moscou, la communautĂ©. Cette version trĂšs dĂ©fensive de lâamĂ©ricanitĂ© est le reflet des angoisses dâune AmĂ©rique qui se sent de plus en plus menacĂ©e par les profondes mutations structurelles Ă lâĆuvre Ă lâĂ©poque urbanisation galopante, industrialisation, immigration en provenance dâEurope du Sud et de lâEst dâune ampleur inĂ©dite qui accĂ©lĂ©rait une diversification elle aussi inĂ©dite de la population de souche » dâascendance britannique et protestante. Ce Ă quoi il faut ajouter la menace sur la religion rĂ©vĂ©lĂ©e que constituent les progrĂšs de la science, Ă la fois la philologie et lâĂ©volutionnisme, qui remettent en cause la vĂ©racitĂ© du texte biblique. La prohibition, les lois anti-Ă©volution et les quotas migratoires drastiques 1921, 1924 sont autant de croisades symboliques destinĂ©es Ă enrayer ce qui est perçu comme cette dĂ©naturation profonde de ce que doit ĂȘtre lâAmĂ©rique Ă©ternelle. La quĂȘte du bonheur des uns, particuliĂšrement les immigrĂ©s italiens, grecs, juifs, russes, qui fuient la misĂšre et les persĂ©cutions religieuses, politiques est le cauchemar des autres â les vrais » AmĂ©ricains. Les banlieues et lâAmerican Way of Life Les dĂ©cennies de postĂ©ritĂ© dâaprĂšs-guerre sont la quintessence du rĂȘve amĂ©ricain, et parmi ses symboles les plus puissants figurent le pavillon de banlieue et la voiture. Lors de la grande exposition de New York en 1939-1940, le pavillon Futurama a un succĂšs retentissant. Il y anticipe une vision de la sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine du futur â en 1960. Le fait quâil soit sponsorisĂ© par General Motors nâest probablement pas Ă©tranger au fait que la voiture et lâinfrastructure routiĂšre y sont centrales. Lâautomobile sâĂ©tait dĂ©mocratisĂ©e trĂšs tĂŽt aux Ătats-Unis, notamment sous lâimpulsion dâHenry Ford, qui voulait que ses ouvriers puissent se payer ce quâils fabriquaient. Les salaires gĂ©nĂ©reux des usines du Nord Chicago, DĂ©troit attirent de nombreux Noirs du Sud, qui fuient la misĂšre et le travail des champs. Sur le modĂšle du fordisme, la construction rĂ©sidentielle se rationnalise, ce qui permet dâen diminuer les coĂ»ts et dâen faciliter lâaccessibilitĂ©. Dans les annĂ©es 1950, lâexpansion du modĂšle pavillonnaire dans les banlieues poursuit cette tendance Ă la massification mais Ă une Ă©chelle inĂ©dite. Certes, la moyennisation par la consommation est indĂ©niable, mais la suburbanisation et la prospĂ©ritĂ© ne doivent pas occulter la pĂ©rennitĂ© des discriminations raciales, par exemple. Le processus de suburbanisation par lequel on sâextrait de villes associĂ©es Ă Babylone correspond Ă la vision jeffersonienne de lâAmĂ©rique, nĂ©o-rurale, qui associe la vertu Ă la terre et Ă la nature, par opposition Ă la vision hamiltonienne, dâaprĂšs Alexander Hamilton, ministre de George Washington, pour qui la prospĂ©ritĂ© viendrait du dĂ©veloppement des villes et du commerce transatlantique. Cependant, la suburbanisation est indissociable dâune consommation de masse associĂ©e Ă la prospĂ©ritĂ©, synthĂšse de ces deux visions. Le symbole de cette consommation nouvelle est le centre commercial, ou mall », oĂč la consommation est centralisĂ©e, rationnalisĂ©e, en rupture avec le type de consommation classique des centres villes. Ă la consommation de masse succĂšde rapidement une consommation trĂšs segmentĂ©e, associĂ©e Ă un ciblage marketing de plus en plus pointu. Câest ainsi que naĂźt la figure du teenager », entre lâenfant et lâadulte, dotĂ© dâun pouvoir dâachat inĂ©dit, Ă qui lâon destine des produits culturels et matĂ©riels spĂ©cifiques, comme le rocknâroll et tout ce qui devient la culture jeune ». Ce modĂšle de lâ American Way of Life » sâexporte bien â câest la puissance du soft power, sous lâimpulsion des reprĂ©sentations culturelles sĂ©ries, films, musique mais aussi sous les formes matĂ©rielles produits technologiques, enseignes alimentaires McDonaldâs, Coca Cola et lotissements pavillonnaires aux pĂ©riphĂ©ries des villes. Bien entendu, ce soft power est parfois assimilĂ© Ă une forme dâimpĂ©rialisme culturel la coca-colonisation » dĂ©noncĂ©e par le Parti communiste français dĂšs la fin des annĂ©es 1940. Mais les AmĂ©ricains eux-mĂȘmes dĂ©noncent ces excĂšs la sĂ©rie Desperate Housewives est un des nombreux exemples oĂč lâillusion dâune surface lisse des banlieues amĂ©ricaines cache une rĂ©alitĂ© chaotique peu reluisante. La place de la femme dans les banlieues des annĂ©es de prospĂ©ritĂ© est assez peu Ă©panouissante, et une partie de la rĂ©volte des annĂ©es 1960 se fait contre le modĂšle conformiste des annĂ©es 1950. En portant un coup dâarrĂȘt net Ă lâexpansion continue, toujours un peu plus loin des grandes villes, la crise des subprimes semblait mettre un terme Ă un long processus dâascension sociale par lâaccession Ă la propriĂ©tĂ© dans les utopies Ă©dĂ©niques des banlieues rĂ©sidentielles. Aujourdâhui, les dĂ©localisations et la prĂ©carisation du salariat combinĂ©es Ă lâendettement frais de scolaritĂ© et diffĂ©rents crĂ©dits rognent toujours plus sur les conditions de vie, au point que si, en 1970, 90 % des trentenaires avaient mieux rĂ©ussi que leurs parents au mĂȘme Ăąge, on Ă©tait Ă peine Ă 50 % pour les trentenaires de 2015. Pour la premiĂšre fois dans lâhistoire des Ătats-Unis, une gĂ©nĂ©ration nâest plus assurĂ©e du tout de vivre mieux que la gĂ©nĂ©ration de ses parents, les baby-boomers, ce qui remet en cause le rĂȘve amĂ©ricain.
Câest une histoire comme il en existe des millions. Un homme cherche son bonheur dans un ailleurs idĂ©alisĂ©. Il quitte sa terre natale, le Cameroun, pour tenter sa chance aux Ătats-Unis, gagner sa vie et devenir un homme de respect ». Sa femme et son fils le rejoignent. Ils vivent chichement mais sont heureux⊠jusquâĂ ce que leur visa de tourisme expire et quâils se retrouvent sans papiers. Un avocat spĂ©cialisĂ© leur laisse croire que tout ira bien tant quâils lui feront confiance et le paieront. Le pĂšre de famille, Jende, devient le chauffeur de Clark, un banquier de Lehman Brothers impliquĂ© dans le scandale des subprimes. Une spirale infernale entraĂźnera les deux hommes vers la chute inĂ©vitable. Leurs familles sauront-elles y rĂ©sister et surmonter unies le dĂ©sastre qui sâannonce ? Une oeuvre qui vaut de lâor Câest Ă partir de cette expĂ©rience de migration laborieuse, plutĂŽt frĂ©quente, quâImbolo Mbue a construit Voici venir les rĂȘveurs. Un premier roman qui a fait grand bruit en 2014 lors de la foire du livre de Francfort oĂč Random House aurait acquis les droits pour un million de dollars. Ă coups de communiquĂ©s savamment orchestrĂ©s tous les six mois, lâĂ©diteur a su crĂ©er le mystĂšre et entretenir lâintĂ©rĂȘt des mĂ©dias pour un ouvrage Ă lâĂ©criture fluide, ponctuĂ© dâhumour, et qui a le mĂ©rite dâaborder la question de lâĂ©migration sans tomber dans le pathos. Si elle gratte le vernis amĂ©ricain pour Ă©corner lâimage dâune sociĂ©tĂ© ouverte oĂč tout serait possible et oĂč chacun pourrait se rĂ©aliser, Imbolo Mbue ne propose pas, Ă rebours, une image idyllique de son pays natal. Un rĂ©cit exposant les tensions raciales entre noirs en AmĂ©rique Ă LimbĂ©, oĂč jâai grandi, explique la trentenaire, nous vivions simplement et avions peu, mais nous Ă©tions heureux. Pour autant, la vie nâĂ©tait pas facile. Sans soutien, sans relations, il est impossible de rĂ©ussir mĂȘme si lâon est intelligent et diplĂŽmĂ©. Le nĂ©potisme et le tribalisme y rĂšgnent. Alors les gens partent en pensant quâen Europe ou aux Ătats-Unis il est plus aisĂ© de sâaccomplir. Câest vrai en un sens. On peut obtenir seul un travail. Mais la pauvretĂ© peut aussi ĂȘtre extrĂȘmement brutale. Sans oublier le racisme. » Il nây a pas tant de mĂ©lange que ça aux Ătats-Unis Dans Voici venir les rĂȘveurs, celle qui a foulĂ© le sol amĂ©ricain pour faire des Ă©tudes en droit des affaires dĂ©crit un racisme lĂąche, quotidien, mesquin, perfide oĂč les non-dits et les sous-entendus empoisonnent le quotidien et empĂȘchent toute fraternitĂ©. Ă tel point que Jende et sa femme Neni ne frĂ©quentent que des migrants subsahariens. Mon expĂ©rience, explique Imbolo Mbue, est celle-ci. Il nây a pas tant de mĂ©lange que ça aux Ătats-Unis. Les Africains et les Africains-AmĂ©ricains constituent deux groupes avec des cultures et des maniĂšres de vivre diffĂ©rentes. Notre histoire nâest pas la mĂȘme. Certains sont venus de leur plein grĂ© ; les autres ont Ă©tĂ© dĂ©portĂ©s de force. Et ça, ça change tout ! Notre maniĂšre dâapprĂ©hender le monde est forcĂ©ment diffĂ©rente. » Une illustration de lâintersexionnalitĂ© Soyons honnĂȘtes, Voici venir les rĂȘveurs est certes un roman plutĂŽt agrĂ©able Ă lire, mais ce nâest pas non plus le chef dâoeuvre vendu par les Ă©diteurs, mĂȘme si Imboblo Mbue parvient Ă le doter dâune certaine Ă©paisseur en abordant diffĂ©rentes thĂ©matiques. Ă travers le prisme de lâĂ©migration, il est question du regard de lâautre, sur lâautre, de la maniĂšre dont on peut ou veut se fondre dans une sociĂ©tĂ© qui nâa finalement dâaccueil que le nom. Terre de paradoxes construite par des migrants et qui sâest dĂ©veloppĂ©e par lâexploitation Ă©hontĂ©e des esclaves arrachĂ©s Ă leur sol natal, les Ătats-Unis ne sont guĂšre enclins aujourdâhui Ă permettre aux Subsahariens de trouver leur place en leur sein. Quand tu es femme, noire, migrante, tu ne sais jamais pour quelle raison prĂ©cise on te discrimine, explique Imbolo Mbue, mais le racisme est lĂ Ă tout moment. » Le sexisme, aussi. Dans le quartier de Little Senegal, Ă New York. © damon winter/REDUX/REA Rapports de classes, rapports de races mais aussi de genres sont Ă©voquĂ©s tour Ă tour. Neni et la femme de Clark, Cindy, peinent chacune Ă se rĂ©aliser et Ă sâĂ©panouir, Ă ĂȘtre elles-mĂȘmes au sein de leur mĂ©nage. Au Cameroun, avance Imbolo Mbue, les femmes sont fortes. Le problĂšme nâest pas tant dâĂȘtre une femme que dâĂȘtre mariĂ©e. Le mariage peut ĂȘtre liberticide quand les Ă©poux ne regardent pas dans la mĂȘme direction. » De fait, Jende et Neni sont tentĂ©s de prendre des chemins opposĂ©s et sont confrontĂ©s Ă un dilemme doivent-ils rester Ă tout prix dans un pays qui sâest rĂ©vĂ©lĂ© ĂȘtre un eldorado fantasmĂ©, quitte Ă renier ce quâils sont ? Et si le bonheur Ă©tait ailleurs ? Bonnes feuilles Trois ans trois ans quâil se battait pour obtenir des papiers en AmĂ©rique. Il nâĂ©tait arrivĂ© que depuis quatre semaines quand Winston lâavait emmenĂ© voir un avocat en droit de lâimmigration â ils devaient trouver un moyen de le faire rester aprĂšs que son visa de touriste aurait expirĂ©. Tel avait Ă©tĂ© leur plan depuis le dĂ©part, mĂȘme si Jende avait racontĂ© tout autre chose devant lâemployĂ© de lâambassade des Ătats-Unis, Ă YaoundĂ©, lorsquâil avait dĂ©posĂ© sa demande de visa. Combien de temps resterez-vous Ă New York ? lui avait-on demandĂ©. â Seulement trois mois, monsieur. Seulement trois mois, et je jure que je vais revenir. » Et il avait avancĂ© des preuves pour montrer sa bonne foi une lettre de son supĂ©rieur le dĂ©crivant comme un employĂ© zĂ©lĂ©, si amoureux de son travail que jamais il ne le laisserait tomber pour aller vagabonder en AmĂ©rique ; le certificat de naissance de son fils pour prouver que rester lĂ -bas reviendrait Ă lâabandonner ; son droit de propriĂ©tĂ© sur une parcelle de terrain que son pĂšre lui avait donnĂ©e, afin de montrer quâil comptait bien revenir pour y faire bĂątir quelque chose ; une autre lettre du service dâurbanisme de la mairie, obtenue en payant un lointain oncle qui travaillait lĂ -bas, dĂ©clarant que Jende avait dĂ©posĂ© un dossier de permis de construire pour une maison ; et une derniĂšre dâun ami qui avait fait le serment que Jende ne resterait pas aux Ătats-Unis, car tous deux comptaient ouvrir un dĂ©bit de boissons lorsquâil reviendrait. LâemployĂ© de lâambassade avait Ă©tĂ© convaincu. Le lendemain, Jende Ă©tait sorti du bureau des affaires consulaires avec son visa. Oui, il partait pour lâAmĂ©rique. Lui, Jende Dikaki Jonga, fils dâIkola Jonga, petit-fils de Dikaki Manyaka ma Jonga, partait pour lâAmĂ©rique ! Tout frĂ©tillant, il parcourut les rues poussiĂ©reuses de YaoundĂ© le poing levĂ©, un si grand sourire aux lĂšvres quâune femme, une Ewondo avec un panier de plantains sur la tĂȘte, sâarrĂȘta tout net pour le regarder passer. Quel est son problĂšme ?* lâentendit-il dire Ă la personne qui lâaccompagnait. Il Ă©clata de rire. Un problĂšme ? Il nâavait aucun problĂšme. Il partait dans un mois ! Et certainement pas pour revenir trois mois plus tard. Qui donc voyageait jusquâaux Ătats-Unis pour retourner au Cameroun et Ă un avenir bouchĂ© trois petits mois plus tard ? Pas les hommes jeunes comme lui, pas les gens qui, dans leur propre pays, nâavaient devant eux que pauvretĂ© et dĂ©sespoir. Non, les gens comme lui nâallaient pas aux Ătats-Unis pour un sĂ©jour provisoire. Ils y allaient pour sâinstaller, pour y rester jusquâĂ ce quâils puissent rentrer chez eux en conquĂ©rants â dĂ©tenteurs dâune green card ou dâun passeport amĂ©ricain, les poches remplies de dollars et de photos de leur vie heureuse. VoilĂ qui expliquait pourquoi, le jour oĂč il avait embarquĂ© sur le vol Air France Douala-Newark avec correspondance Ă Paris, Jende Ă©tait persuadĂ© quâil ne reverrait pas le Cameroun avant dâavoir gagnĂ© sa part du lait, du miel et de la libertĂ© dont regorgeait cette Terre promise que lâon appelait AmĂ©rique. Le mieux pour avoir des papiers* et rester, câest lâasile. Ăa, ou Ă©pouser une vieille Blanche Ă©dentĂ©e du Mississippi. » Câest ce que Winston avait dit Ă Jende qui, tout juste remis du dĂ©calage horaire, venait de passer une demi-journĂ©e Ă arpenter Times Square, Ă©merveillĂ©. Que Dieu nous prĂ©serve des malheurs, lui avait rĂ©pondu Jende. Je prĂ©fĂ©rerais avaler une bouteille de kĂ©rosĂšne et mourir sur-le-champ. » Lâasile Ă©tait donc la seule solution, avait-il conclu. Winston lâapprouvait. Cela pouvait prendre des annĂ©es, avait-il ajoutĂ©, mais ça en valait la peine. Winston embaucha un avocat pour lui, un NigĂ©rian du quartier de Flatbush, Ă Brooklyn, prĂ©nommĂ© Boubacar, aussi petit quâhabile en paroles. DâaprĂšs ce quâavait entendu Winston, Boubacar nâĂ©tait pas seulement un Ă©minent avocat qui dĂ©fendait des centaines de clients africains Ă travers tout le pays, mais aussi un grand inventeur dâhistoires permettant dâobtenir lâasile. Vous croyez quâils font comment, tous, pour dĂ©crocher lâasile ? avait-il demandĂ© aux deux cousins lors dâune consultation gratuite. Vous pensez vraiment quâils ont tous quelque chose Ă fuir dans leur pays ? Ha ! Laissez-moi vous dire pas plus tard que le mois dernier, lâasile, je lâai obtenu Ă la fille dâun Premier ministre dâAfrique de lâEst. â Vraiment ? demanda Winston. â Vraiment, ça oui, renchĂ©rit Boubacar. Pourquoi tu demandes ? â Je suis Ă©tonnĂ©, câest tout. Le Premier ministre de quel pays ? â Je prĂ©fĂšre le garder pour moi, dâaccord ? Ce nâest pas ça qui compte, non. Ce qui compte, câest que je vous parle de la fille dâun Premier ministre, eh ? Qui a trois domestiques pour lui essuyer les fesses et trois autres pour lui curer le nez. Et la voilĂ qui vient me voir en me disant quâelle craint pour sa vie et quâelle ne peut pas rentrer dans son pays ! Il faut bien faire ce quâil faut pour devenir amĂ©ricain, abi ? »
Un rĂȘve ? La rĂ©alitĂ© ?Je ne sais plus. Un haut personnage de l'Etat aurait fait une proposition pour un Ă©ventuel 2Ăš tour aux Ă©lections rĂ©gionales dans certaines rĂ©gions. RĂ©gions oĂč le Front National pourrait l'emporter. Proposition de fusionner les listes LR et PS. Ce haut personnage serait aussi chef de la majoritĂ© et trĂšs bien placĂ© dans la hiĂ©rarchie des rĂ©action que celle de se soucier d'une Ă©ventuelle arrivĂ©e Ă la PrĂ©sidence d'une rĂ©gion de ce parti FN. Peut -ĂȘtre un peu tardive Ă environ 4 semaines du scrutin ? Peut-ĂȘtre un peu dĂ©calĂ©e par rapport Ă la politique dĂ©ployĂ©e par ce personnage ? Peut-ĂȘtre malvenue par rapport au non respect des engagements de campagne de lui-mĂȘme et de son supĂ©rieur ? Peut-ĂȘtre incomprĂ©hensible pour les Ă©lecteurs qui attendaient la mise en place de leurs engagements ?Mon rĂȘve. Et si cette proposition s'appliquait dans la rĂ©gion oĂč j'habite ? Comment les candidats conclueraient ces fusions ? Comment voterai-je ?Mon rĂȘve ne dit pas ce qu'il pourrait se passer aux prochaines Ă©lections prĂ©sidentielles, ni aux lĂ©gislatives, ni aux municipales. J'ai beau essayer, je n'arrive pas Ă imaginer comment cela pourrait se passer concrĂštement. Je ne doute pas que des propositions nous serons faites en temps un rĂȘve ou un cauchemar ?
ï»żGĂ©nĂ©ralement perçus comme une terre dâĂ©vasion, les Ătats-Unis sont une nation aux multiples cultures qui attirent plus dâun. Vivre aux Ătats-Unis reprĂ©sente pour certains un objectif Ă atteindre Ă tout prix. Malheureusement, la rĂ©alitĂ© peut ĂȘtre tout autre. La vie dans ce pays nâest souvent pas aussi facile et belle que vous pouvez lâimaginer. Vivre en AmĂ©rique constitue-t-il alors un rĂȘve ou un cauchemar ? ĂlĂ©ments de rĂ©ponse ! Pourquoi les Ătats-Unis sont-ils la destination rĂȘvĂ©e de nombreuses personnes ? Aux Ătats-Unis, tout vous est accessible. Nul besoin dâeffectuer des kilomĂštres de trop pour trouver ce dont vous avez besoin, car il existe des boutiques, des fast-foods, des distributeurs, des kiosques, des pharmacies Ă tous les coins de rue. Par ailleurs, les Ătats-Unis sont un pays dotĂ© de divers lieux qui font de lui lâune des meilleures destinations de vacances. Vous pouvez ainsi y trouver diffĂ©rentes destinations phares telles que les lieux touristiques, les montagnes, les somptueux hĂŽtels et les plages. Vous aurez aussi lâopportunitĂ© dâapprĂ©cier des maisons de rĂȘve aux belles vues sur mer, des parcs dâattractions, des musĂ©es aux histoires remarquables et bien dâautres endroits encore. Lâune des autres raisons pour lesquelles beaucoup nourrissent tant ce rĂȘve de vivre aux Ătats-Unis est le faible taux de chĂŽmage. PremiĂšre puissance mondiale, les Ătats-Unis dĂ©tiennent les plus grandes firmes. Lâentrepreneuriat et la crĂ©ativitĂ© dans ce pays sont trĂšs encouragĂ©s. Pour vous faire de lâargent, il vous suffit dâĂȘtre motivĂ©s, puisque ce ne sont pas les opportunitĂ©s dâemploi qui manque. Vivre aux Ătats-Unis dĂ©sillusion ? Passer des sĂ©jours ou vivre dĂ©finitivement aux Ătats-Unis nâest pas sans danger. Les salaires sont Ă la hauteur du coĂ»t de la vie. Toutefois, avec une Ă©conomie trĂšs solide, vous comprendrez donc que tout est coĂ»teux. Lâalimentation, les frais de scolaritĂ©, la couverture de santĂ©, les transports, les frais de logement, les loisirs et les diffĂ©rentes assurances sont autant de responsabilitĂ©s Ă assumer. Puisque les charges sont importantes, Ă©conomiser de lâargent devient trĂšs compliquĂ©. De plus, aux Ătats-Unis, les employĂ©s sont moins protĂ©gĂ©s et le systĂšme de la sĂ©curitĂ© sociale est trĂšs diffĂ©rent de ce qui se voit ailleurs. Cela nâexclut mĂȘme pas le port dâarmes qui est la vĂ©ritable peur qui rĂšgne chez les habitants de ce pays. En effet, tout individu peut ĂȘtre autorisĂ© Ă porter une arme Ă feu. LâinsĂ©curitĂ© est donc une rĂ©alitĂ© palpable qui nâest pas prĂšs de changer dans ce pays. Vols Ă mains armĂ©es, viols, racisme, fusillades, voilĂ tant de situations dĂ©plorables auxquelles vous pouvez assister tous les jours. DĂšs que vous vous rendez dans ce pays, ne soyez donc pas surpris de vous faire agresser en pleine rue ! En outre, le climat est ce qui pourrait vous rendre encore la vie plus dure. Entre gel, froid glacial, temps trĂšs chauds, vous nâallez sĂ»rement pas vite vous adapter. Vos sĂ©jours sur ce territoire vous montreront aussi Ă quel point la population est toujours pressĂ©e. Un rĂȘve Ă rĂ©aliser malgrĂ© tout Aller passer de belles vacances aux Ătats-Unis, câest bien, mais y vivre pour de bon mĂ©rite mĂ»res rĂ©flexions. Ce pays a beaucoup de surprises pour vous. Alors, si vous voulez rĂ©aliser votre rĂȘve dây vivre, prenez le temps dâĂ©valuer tous les aspects dâune telle dĂ©cision. Assurez-vous que vous aurez le budget nĂ©cessaire pour subvenir Ă vos besoins et garantir votre propre sĂ©curitĂ©. Vivre aux Ătats-Unis est un rĂȘve trĂšs prometteur qui pourrait rapidement devenir un cauchemar. Pour minimiser les risques, il vous revient de savoir ce que vous voulez rĂ©ellement y faire.
En parcourant la presse1 depuis le mois de mai 2009, nombre de faits et chiffres peuvent ĂȘtre collationnĂ©s qui rĂ©vĂšlent, au-delĂ de la bien-pensance libĂ©rale, la rĂ©alitĂ© du cauchemar Ă©tats-unien. Les rutilantes images tĂ©lĂ©visuelles de lâAmĂ©rique sont lâarbre qui cache la forĂȘt de lâextrĂȘme fragilitĂ© de cette sociĂ©tĂ©, y compris en Californie et en Floride, Etats fĂ©dĂ©raux rĂ©putĂ©s les plus riches de lâEmpire. MalgrĂ© des inĂ©galitĂ©s vertigineuses, les dominants, le capital financier prospĂšrent dans la crise car, pour eux, la propriĂ©tĂ© câest le vol » non pas dans le sens oĂč lâentendait Proudhon, mais dans celui de la ponction financiĂšre Ă©tendue Ă lâensemble du monde. Le sens commun incite Ă penser que ce qui vient dâOutre Atlantique met plusieurs mois Ă traverser lâocĂ©an⊠Au-delĂ de la crise financiĂšre, lâhorreur sociale globaleLe plan de relance dâObama, les 787 milliards de dollars infectĂ©s ont, pour lâessentiel, servi Ă sauver les banques qui sont, de fait, des plus rĂ©ticentes Ă financer lâĂ©conomie dite rĂ©elle. Elles se reconstituent leurs marges pharaoniques en se nourrissant des Ă©missions de dettes des entreprises et en spĂ©culant sur les marchĂ©s, ce qui leur a valu une condamnation ⊠sans effet, dâObama, stigmatisant la cupiditĂ© gĂ©nĂ©ralisĂ©e ». Les mĂ©dias nous ont montrĂ© que la pointe Ă©mergĂ©e de lâiceberg, ces quelques traders Ă©jectĂ©s de Wall Street, ignorant la masse de 242 000 salariĂ©s du secteur financier depuis le dĂ©but 2008. De fait, la rĂ©alitĂ© du peuple Ă©tats-unien est toute autre si lâon examine les chiffres du chĂŽmage, de la prĂ©caritĂ©, de la santĂ© et mĂȘme de la pauvretĂ© qui gangrĂšne cette sociĂ©tĂ© que surplombe une minoritĂ© de la crise a commencĂ© par lâeffondrement des subprimes, par cet endettement massif dâinsolvables qui avaient rĂȘvĂ© de devenir propriĂ©taires de leur habitation, Ă©voquons dâabord cette situation de crise du logement le nombre de saisies immobiliĂšres atteint le chiffre de 2,3 millions, 15,2 millions dâemprunteurs immobiliers doivent dĂ©sormais plus dâargent que nâen vaut leur habitation et 13 % dâentre eux, insolvables, sont expulsĂ©s ou en voie de lâĂȘtre. Câest que le marchĂ© sâest dramatiquement contractĂ© le recul des prix est de 48 % Ă Miami, il atteint 50 % Ă Los Angeles. Si les transactions reprennent câest que nombre dâaigrefins en profitent pour faire de bonnes affaires dans un proche avenir, car lâon compte 700 000 habitations vides, excĂ©dentaires et correspondant au boom immobilier qui avant la crise nâavaient pas trouvĂ© preneur, ce qui Ă©quivaut Ă un an de production de cette situation dramatique est venue sâajouter les licenciements massifs. En 18 mois, le chĂŽmage a augmentĂ© de 92 % pour atteindre un taux de 9,5 % des actifs en juin, les 10 % pourraient ĂȘtre dĂ©passĂ©s enfin dâannĂ©e. De dĂ©cembre 2007 Ă juin 2009, 6,5 millions dâemplois ont Ă©tĂ© supprimĂ©s. Ces chiffres sous estiment dâailleurs la rĂ©alitĂ©. Ils ne prennent pas en compte le chĂŽmage technique imposĂ©, ni les temps partiels contraints 16,4 % des actifs et encore moins le fait quâau bout de 7 mois de chĂŽmage, les indemnitĂ©s cessent et que les chĂŽmeurs disparaissent des statistiques. Certes, de 690 000 chĂŽmeurs de plus chaque mois, de janvier Ă mars, le chiffre aurait baissĂ© Ă 345 000 mais la purge continue et les patrons nâembauchent plus. Pour ne prendre quâun exemple emblĂ©matique, celui de GĂ©nĂ©ral Motors, câest la moitiĂ© des 605 000 salariĂ©s qui a Ă©tĂ© licenciĂ©e, les 50 milliards de dollars dâaide de lâEtat nâont servi, bien Ă©videmment, quâĂ rembourser les crĂ©anciers et les actionnaires. Pensez donc ! Les actions GM de ces malheureux propriĂ©taires valant encore 17 dollars chacune en avril 2008 ne reprĂ©sentaient plus que dollars au 25 mai 2009 ! Ce nâest pas eux qui doivent payer la crise ! NouveautĂ© dont on parle peu, câest la baisse non nĂ©gligeable des salaires, de â 6 Ă â 20 %. Un quart des salariĂ©s seraient touchĂ©s. Câest ainsi que pour augmenter sa profitabilitĂ© » Hellwet Packard a rognĂ© 13,5 % de sa masse matiĂšre de santĂ© Obama serait le symbole du renouveau ! Quoique ! Les compagnies dâassurances dĂ©versent des millions de dollars pour bloquer son projet dĂ©jĂ bien mal en point et alimenter une campagne rĂ©actionnaire contre son communisme Ă©tatique » dâassistance publique. Et pourtant les chiffres parlent dâeux-mĂȘmes seuls 58 % des Etats-uniens ont une assurance SantĂ© qui leur coĂ»te la peau des fesses quand ils sont remboursĂ©s des frais mĂ©dicaux engagĂ©s2 ; prĂšs de 50 millions nâont aucune couverture soit 16,5 % de la population. Avec les licenciements massifs, lâimpossibilitĂ© de continuer Ă payer leur assurance, 2,4 millions de travailleurs ont perdu leur couverture santĂ©3. Il existe bien une assurance publique, Medicare, mais elle est rĂ©servĂ©e aux trĂšs faibles revenus, aux handicapĂ©s, aux ex-combattants ; il s nâont droit quâĂ des soins rĂ©duits, Ă la chaĂźne et ce systĂšme est lui-mĂȘme Ă bout de souffle 2 000 milliards de dettes.Dans leur grande masse, aprĂšs avoir vĂ©cu Ă crĂ©dit, les AmĂ©ricains se dĂ©couvrent pauvres. On les a incitĂ©s Ă collectionner jusquâau vertige les cartes de crĂ©dits ; leurs engagements financiers, en moyenne et par mĂ©nage, reprĂ©sentent 140 % de leurs revenus ce qui Ă©quivaut globalement 1 914 milliards de dettes, soit 8 329 dollars par foyer. Ces moyennes ne disent rien du chaos des existences dĂ©labrĂ©es dans les quartiers dĂ©shĂ©ritĂ©s oĂč croupissent en majoritĂ© les Noirs et les Hispaniques dâorigine, ni de leurs conditions dâhygiĂšne et dâalimentation dĂ©plorables. Dans son enquĂȘte la journaliste Corinne Lesnes rapporte dans le Monde4 que 12,5 millions dâenfants sâont pas assez Ă manger et que 30 millions de bons dâalimentation sont distribuĂ©s chaque mois. Paradoxe dans cet univers impitoyable une seule catĂ©gorie trouve du travail, des petits boulots, câest celle des plus de 55 ans qui ont vu leur Ă©pargne retraite sâeffondrer et leurs quelques Ă©conomies sâeffilocher. Mais pour les dominants câest plutĂŽt le Vive la crise » qui domine. RĂȘver sur la dĂ©tresse du plus grand nombreLes USA ce nâest pas seulement un dĂ©ficit public de 1 000 milliards de dollars qui atteindrait 1 800 en fin dâannĂ©e, ni celui dâun dĂ©ficit public-privĂ© cumulĂ© qui culminerait Ă 3 000 milliards de dollars au cours des deux prochaines annĂ©es, câest aussi pour les crĂ©anciers qui en profitent Ă un taux dâintĂ©rĂȘt de 3,4 % sur 10 ans pour les emprunts dâEtat, lâassurance tous risques que leurs rentes vont fructifier, du moins en sont-ils convaincus. Banquiers, spĂ©culateurs et autres traders assurĂ©s que lâEtat fĂ©dĂ©ral ne peut que les renflouer avec lâargent des contribuables, et ce, parce quâils sont trop gros pour sombrer, font preuve de leur esprit prĂ©dateur Ă toute Ă©preuve. Les exemples abondent la banque Goldmann Sachs qui en juillet a bĂ©nĂ©ficiĂ© de 3,4 milliards de dollars de fonds publics, en aoĂ»t provisionne 20 milliards de bonus. Il est vrai que son PdG a demandĂ© Ă ses golden boys de faire preuve de retenue », afin quâils ne soient pas vus en train de mener grande vie » dans la misĂšre ambiante. Comme dirait Michel Sapin, secrĂ©taire Ă lâĂ©conomie et Ă la fiscalitĂ© du parti SolfĂ©rino un trader comme un commerçant a besoin dâune rĂ©munĂ©ration variable, câest son salaire, il ne faut pas tomber dans la folie anti-bonus ». Peu importe que ces 20 milliards Ă©quivalent Ă la somme dâailleurs insuffisante allouĂ©e par le G8 Ă la lutte contre la faim dans le monde. De compassion point trop nâen faut ! En revanche, la gloutonnerie des prĂ©dateurs ne connaĂźt pas dâindigestion Citigroup qui a perçu 45 milliards de dollars de lâEtat fĂ©dĂ©ral, en dĂ©pit dâune perte de 18,7 milliards enregistrĂ©e sur lâexercice, nâa pas hĂ©sitĂ© Ă verser Ă ces 738 cadres les plus haut placĂ©s 1 million de dollars. Mieux ! Bank of AmĂ©rica sur les 45 milliards dâaide perçus, 3,3 milliards ont Ă©tĂ© aux dirigeants, 172 dâentre eux ont reçu 1 million de dollars. Encore plus fort Merrill Lynch a distribuĂ© 3,2 milliards et 4 des plus hauts dirigeants ont perçu chacun 121 millions. Pour eux, le rĂȘve amĂ©ricain est tangible, comme pour tous ceux qui spĂ©culent de nouveau sur le pĂ©trole. Plus de 25 milliards, au cours des 6 derniers mois, furent investis sur des contrats futurs, la spĂ©culation est repartie comme avant, si bien quâun trader de Citigroup, spĂ©cialisĂ© dans les hydrocarbures devrait toucher le modique bonus de 100 millions de dollars5. Quant au PDG de la Morgan Stanley, lui, reste raisonnable ⊠AprĂšs avoir rĂ©organisĂ©, licenciĂ©, il a maintenu son salaire Ă 800 000 dollars annuels tout en remotivant ses sbires. Son directeur financier et dâautres lui, a vu son salaire fixe augmenter de plus du double 752 000 dollars, câest quand mĂȘme mieux que 323 000 surtout que son bonus, sa part variable, a connu Ă©galement un bond apprĂ©ciable de + 25 Ă 30 %. A ces gens-lĂ , il convient de maintenir », comme lâa dĂ©clarĂ© ce PDG, le goĂ»t du risque »6. Quâimporte la mise en pĂ©ril du systĂšme ! Les 700 000 milliards de dollars de produits financiers dĂ©rivĂ©s sont de nouveau sensĂ©s rapporter des rentes faramineuses dâautant que des contrats dâassurances sont souscrits pour protĂ©ger ces investisseurs » spĂ©culatifs des risques de faillite et de dĂ©faut de paiement, au taux de 25 % au cours des 50 prochaines annĂ©es ! Ce qui fait sâexclamer Daniel Cohen, lâĂ©conomiste libĂ©ral hier, alarmiste aujourdâhui quâaucune institution financiĂšre ne pourrait honorer de tels engagements en cas de dĂ©faut de paiement amĂ©ricain » et de nous promettre dans une telle hypothĂšse une inflation catastrophique et des faillites en Europe7. Dâautres comme Yves Manon sâeffarouchent de lâeffondrement de la consommation Ă©tats-unienne. Ce sont 700 milliards qui manquent dĂ©sormais pour faire tourner les usines en Chine et en Inde et de nous certifier que si les biens de consommation importĂ©s aux USA se tarissent, câen est fini de la croissance car aucun autre relais nâexiste. Les G20 et autres G8 ont beau se succĂ©der, la grande mascarade sur la moralisation du capitalisme nâa guĂšre produit dâeffets sur les droguĂ©s du nĂ©olibĂ©ralisme. IntoxiquĂ©s par leur aviditĂ©, leur soif de profits immĂ©diats, agrippĂ©s Ă leurs sinĂ©cures, drapĂ©s dans lâapparence des bonnes maniĂšres, ils seront les premiers Ă sâinsurger si lâon sâattaquait Ă leurs prĂ©bendes et Ă crier en chĆur câest du communisme, on veut spolier la propriĂ©tĂ©. Quel journaliste dâinvestigation oserait braver la lĂ©gislation des Ăźles CaĂŻman ? Le secret bancaire y est bien gardĂ©, la divulgation dâinformations est un dĂ©lit passible de 2 ans de prison. Avis aux amateurs ! La liste des paradis fiscaux a certes Ă©tĂ© blanchie, la Suisse a promis, dâautres se prĂ©tendent moins opaques mais les rĂšgles cyniques restent en place rançonner les profits industriels et commerciaux. On ne change pas les mentalitĂ©s des vautours ni des barons voleurs »8. Leur seul Dieu, câest le veau dâor, leur rĂȘve de croissance câest toujours exploiter davantage ⊠jusquâĂ la prochaine crise financiĂšre. Pour les classes populaires, les consĂ©quences en seront dramatiques. On en mesure dĂ©jĂ les effets en Floride et en Californie, les deux Etats les plus riches ! des Etats-Unis.suite au prochain numĂ©roGĂ©rard Deneux le
vivre aux etats unis reve ou cauchemar